Publié le 14 avril 2026

Concours photo Nouveaux Regards 2026 : cinq lauréats pour raconter l’agriculture d’aujourd’hui

Le concours photo Nouveaux Regards offre chaque année une tribune à de jeunes photographes pour raconter, avec leur sensibilité et leur talent, les réalités du monde agricole. Pour sa troisième édition, Agrica a récompensé cinq nouveaux photographes pour la qualité de leur travail. Bravo à eux !

Lignes

Avec le concours Nouveaux Regards, Agrica a pour objectif de doper l’attractivité du secteur agricole en demandant à des étudiants et jeunes diplômés en écoles d’art et de photographie d’illustrer une agriculture riche de ses diversités. Le thème proposé pour cette troisième édition - « récit d’une agriculture d’aujourd’hui – un regard neuf, une image forte » - a inspiré 34 jeunes photographes. Cinq d’entre eux ont vu leur travail récompensé.

photo Julien Zurita nouveaux regards 2026

Prix des actualités du monde agricole  
Julien Zurita – Après les flammes 
Université de Perpignan

Photographe indépendant narbonnais, Julien Zurita a documenté l’impact de l’incendie d’août 2025 dans l’Aude, surnommé « l’ogre des Corbières », qui a détruit près de 12 000 hectares de garrigue et 700 hectares de vignobles. 
À travers des visages, des regards et des gestes du quotidien, son reportage montre le monde agricole après la catastrophe, entre perte, sidération et nécessité d’avancer. 
Son travail témoigne aussi de la résilience agricole, de la capacité à faire pousser de la cendre, des réseaux d’entraide. Prises de vue brutes, lumière naturelle, absence de mise en scène : l’esthétisme est mis au service du récit. 
 

photo Salomé Gaeta nouveaux regards 2026

1er Prix  
Salomé Gaeta – Période Paysage 
École Nationale Supérieure de la Photographie, Arles

Dans Période Paysage, Salomé Gaeta s’intéresse à ces amas de récoltes recouverts de bâches, présents au bord des routes et des champs, qui marquent le paysage agricole contemporain. Drapées ou tendues, les toiles dessinent des reliefs mouvants, comme une géologie née de l’usage et de la nécessité. Chaque pli capte une lumière, contient un temps, abrite une récolte. Sous les bâches, les formes s’amoncellent, compactes, presque organiques. L’artiste révèle l’ambiguïté de ces accumulations : promesse de rendement et image d’épuisement. Un travail plastique fort, où le sublime est quotidien, inscrit dans le sol et dans la constance du travail agricole. 
 

photo Amanda Meunier nouveaux regards 2026

2e Prix 
Amanda Meunier – Ce n’est pas un métier, c’est une vie 
École Nationale Supérieure d’Audiovisuel, Toulouse

Dans les sommets et vallées des Pyrénées, Amanda Meunier documente des bergers et éleveurs marqués par les saisons et le travail avec les bêtes. La main, le geste, la transmission sont au cœur de sa série. Elle raconte une agriculture faite avec le cœur, qui procure joie, peur, sueur et larmes. Elle-même devenue paysanne en reprenant la ferme familiale le 1er janvier 2025, elle fige dans le temps ces petits paysans qui entretiennent un lien fort avec leurs animaux. Une série profondément incarnée. 
 

Julie Bouchardon nouveaux regards 2026

3e Prix 
Julie Bouchardon – La condition fragile 
École Nationale Supérieure de la Photographie, Arles

Avec La condition fragile, Julie Bouchardon a suivi quatre apiculteurs et apicultrices d’Occitanie lors des récoltes et des soins apportés aux abeilles. Les abeilles, maillons fragiles de la chaîne du vivant, sont parmi les premières à subir les conséquences des pesticides et des politiques de non-conservation des espaces verts. En photographiant les gestes discrets mais essentiels des apiculteurs, elle rend visible un combat souvent mené dans l’ombre. Son projet relie engagement, territoire et création. 
 

Chloé Aubert nouveaux regards 2026

Prix des salariés Agrica 
Chloé Aubert – Estive en fin d’été 
École Nationale Supérieure de la Photographie, Arles

Réalisée dans les Alpes iséroises, cette série suit Pierrot, berger, qui mène chaque jour 2000 brebis à travers les paysages d’alpage. À force de marcher, le troupeau dessine presque une écriture invisible sur la montagne. À travers ses images, Chloé Aubert cherche à traduire le lien discret entre le berger, ses brebis et la montagne. Une vie simple et essentielle, où chaque jour recommence porté par le paysage.